Témoignage de Paulo

 

A la Croisée de "mon" Chemin, à pied en 1998, du Puy à Compostelle, à vélo en 1999, avec "Arte", du Puy à Compostelle, puis, à pied, de Lyon au Puy en 2001, enfin, avec le car de "Philomène" et ses quarante passagers de Lyon à Santiago en 2002. C'est le chemin que j'ai suivi jusqu'à aujourd'hui. Me voici donc à nouveau sur ce merveilleux chemin, cette foi-ci, de Genève au Puy.

Mais, pélerin, que cherches-tu ?

J'allais de Genève à la rencontre de l'Amitié et j'y trouvais mes Amis Suisses, Joël et Antoine, les compagnons que j'avais "abandonnés"un soir de 1998 à St Jean Pied de port...De là, nos étapes s'étaient distancées car mes Amis avaient dû répondre à l'appel, bien légitime, d'un devoir conjugal, qui devait les "clouer au lit", l'espace d'une "nuitée", peut-être le 9 mai 1998 ?.J'allais aussi à Genève accompagner Brigitte, fidèle de "Philomène de Lyon" et à son "expérience motorisée", souhaitant cheminer un bout de chemin avec un "vrai" pélerin, à pied...mais une grippe brutale...la cloua, elle-aussi, au lit, au terme de la deuxième étape ! Dommage pélerine ! mais je suis certain que tu reprendras,un jour, ton propre Chemin.

Comme nous, pélerins, tu apprendras à faire la différence avec notre cheminement de chaque jour, jour aprés jour, avec ou sans la grippe, avec ou sans la pluie, avec ou sans les cailloux......tu sauras, enfin , faire la différence avec " vu à la télé ", même si, ce jour-là, tu regardais un cycliste, ébahie, sur Arte, un soir de 1999 , faisant ainsi renaître ton désir intense de repartir sur le chemin : la décision que tu prendras en accord avec toi-même et ceux que tu aimes, sera la bonne.Tu prendras ton sac, tu oublieras la veille, tu marcheras avec tes bleus à l'âme, tu partageras ta joie de vivre avec ceux avec qui tu feras un bout de chemin et qui resteront à jamais Tes Amis..., mais tu resteras seule maître de ta décision, ce sera là Ta Différence.

Mais, quelle est donc cette différence? Le pélerin marche Seul, à pied, loin de son domicile. C'est, en tout cas, l'une des raisons qui le poussent à se mettre en route pour ce voyage vers le Coeur, qui est Son Propre Pélérinage Intérieur.

Le pélerin ne se suffit plus de manger, dormir, gagner, dépenser de l'argent...il désire Aimer, Croire, Partager...Sur son chemin, il dresse pas à pas, presque naturellement, le Bilan de sa vie, de ses relations avec l'Autre, de ses erreurs, de ses vanités et aussi de ses envies profondes. Le pélerin part à la rencontre de Lui-Même, on peut appeler celà la " quête du sens ". Il accomplit un rite: il pourra alors rentrer chez Lui la conscience en paix, mais , n'y a-t-il pas un autre pélerin ? un autre pélerin qui, au terme de son pélérinage, ne peut être satisfait ?

Il a découvert une autre réalité qu'il ne soupçonnait pas, et c'est alors, sur le chemin mystérieux, que ses pas le guideront à nouveau: On dira de lui qu'il s'est effectivement "mis en route" et qu'il aura renonçé définitivement, ou l'espère-t-il, à ses drogues habituelles qui l'emmuraient dans une vie sédentaire trop ordinaire; en quelque sorte, ses pensées étaient à l'étroit.

En observant bien les compagnons rencontrés depuis mon initiation en 1998, nombreux sont ceux qui, un jour, se mettent en route, mais peu sont ceux qui persévèrent jusqu’au bout de leur chemin. Ceux-là tenteront des aventures aussi belles que respectables. On dira d’eux qu’ils ne seront pélerins que le temps de leur chemin mais, en fait, ils ne seront que ‘’ voyageurs ‘’. Voilà la différence fondamentale qui me décide définitivement à larguer le vélocipède sur le côté de mon chemin, le temps d’explorer l’itinéraire de Genève vers Arles, oû je poserai mes jalons et j’observerai : SANTIAGO, à l’Ouest - JERUSALEM, à l’Est - …via Rome; mais, juste avant Le Grand Départ, il me faudra retourner à mes Sources…à mes Racines charollaises, retrouver Cluny, ses Moines bâtisseurs et précurseurs sur le ‘’Camino Francés’’, et enfin, au loin, imaginer que le Mont Sinaï m’attend ! ! !

ICI SERA LA CROISEE DE MES CHEMINS VERS LA PAIX ET VERS L’AMOUR

Mais, pèlerin de quelle paix, de quel amour parles-tu ? …le sais-tu ?...Alors tu rêveras avec le poête chinois LI BO : ‘’comme les fleurs de mon pêcher, Mes pensées sont parties se promener vers d’autres climats, vers d’autres terres, Qui ne sont pas du monde des hommes’’. On dira du pèlerin : CELUI QUI ATTEINT L’AUTRE RIVE Mais pèlerin…QUI T’ATTEND ? et SERAS-TU PRET ?

Paul,

25 Juillet 2002

à : Chicco, le chien causeur !...

venu ‘’à pattes ‘’ d’Allemagne avec Christoph, son maître, à : Brigitte, en chemin, et nos Amis Suisses Antoine et Joêl.