Saint Jean Pied de Port - Roncevaux

27 Kms

ça monte, ça monte.....

Le brouillard fait son apparition sur la route napoléon

Le chien surgit de nul part et qui m'a accompagné pendant 2 Kms

Le cairn avec ses multiples croix artisanales

 

Toujours dans le brouillard, vision surréaliste...

 

La fontaine de Roland

Sa sent l'écurie.......j'entends la cloche

Le gîte de roncevaux

 

 

Pour cette dernière étape, j'ai décidé de détailler, d'une part parce que cette étape est mythique et d'autre part parce qu'elle inquiète beaucoup de pèlerins. Dédramatisons, elle n'est pas si difficile que ça..............On m'a conseillé de partir tôt afin d'éviter la chaleur.......je me lève à 07 heures et j'entends la pluie battante marteler les vitres du dortoir. J'ai le moral à zéro et comme c'est ma dernière étape, j'ai l'intention de jeter l'éponge. 08 heures, je prends mon temps pour prendre mon petit déjeuner et je vois mes campagnons de chambrée partir, sac au dos, sous la pluie. Une accalmie, leurre ou encouragement à continuer....tans pis, je tente le coup. Je vais voir ma logeuse et lui laisse mon sac à dos en réservant pour la nuit suivante (je compte revenir en Stop, ou en taxi (+ de 35 euros.....). Je prépare mon petit sac bandoulière et m'élance sur la route Napoléon.

Beaucoup de monde sur cette étape.Pour sortir de la ville je me sers du plan que m'a donné l'association jacquaire. Petite grimpette très rude dés la sortie, si c'est comme ça sur toute l'étape......dur.....dur. Au bout d'environ 400 mètres, ça s'adoucit et après 4 Kms de grimpette plus ou moins prononcée, j'arrive à Huntto. A part le gîte, rien, je continue sur la fameuse route Napoléon. Je m'attendais à une belle route et c'est vraiment une toute petite route (ou chemin goudronné ?) où deux voitures ont bien du mal à se croiser.

La pluie tombe depuis une demi heure et après que tout le monde se soit transformé en "dromadaire" avec leurs capes.....elle s'arrête. Première halte à la table d'orientation, dernier point d'eau avant la fontaine de Roland. Foutu temps, c'est dommage, ça doit être magnifique quand le soleil est de la partie. Je peste silencieusement tout en continuant sur cette petite route qui présente quelques forts dénivelés et beaucoup de faux plats. Je pénètre dans un brouillard à couper au couteau. Les pèlerins qui me précèdent se transforment en ombres fantomatiques et tout cela crée une atmosphère surréaliste rempli de fantômes disséminés le long du chemin. Heureusement le balisage est excellent et je ne fais aucune erreur de parcours. Plus j'avance dans ce brouillard et plus les alentours immédiats se transforment en plaines rocailleuses et arides ressemblant au magnifique paysage de l'aubrac. C'est dans cette atmosphère qu'un magnifique chien blanc sort du brouillard et viens vers moi. Je suis seul et je m'apprète à subir l'assaut de ce colosse. Il s'arrête à quelques mètres, et, enveloppé dans une aura de brûme, il me regarde. Il agit exactement comme le chien qui m'avait accompagné à la sortie d'Arthez. Il me précédera également pendant deux Kms en se retournant de temps à autre et disparaîtra dans le brouillard..........

On bifurque à droite et on emprunte le GR11 qui nous fait passer devant un petit cairn sur lequel ont été plantés de multiples croix de fabrication artisanale. Le vent est glacial, j'essaie de me protéger les mains.....foutu temps. ....la pluie se transforme en petite grêle durant quelques minutes......dur.......dur....j'aurai dû prendre des gants. Pendant une centaine de mètres, une glaise grise me colle aux chaussures puis, de grandes silhouettes se détachent du brouillard, des chevaux.....

La montée est beaucoup moins rude. Le parcours est surtout constitué de faux plats. Une borne m'indique que je rentre en Navarre. Ca y'est, je suis en Espagne. Frigorifié, le pantalon trempé mais heureux, j'ai parcouru plus de la moitié du chemin depuis le Puy en Velay. Un peu plus loin, c'est la fontaine de Roland qui offre de l'eau à tous les pèlerins.

Je continue par un chemin en sous bois qui est plutôt plat et une pierre tombale nous rappelle qu'il s'agit d'une étape de montagne et que la montagne peut tuer. Un pèlerin brésilien est mort de froid ici, à seulement quelques kilomètres de Roncevaux...........pensée étrange, hors de propos dans le moment présent, où nous sommes en décalage par rapport à notre quotidien.

On m'avait pourtant conseillé de descendre par la route afin d'éviter le fort dénivelé négatif qui descend sur Roncevaux. On passe de 1430 mètres à 952 mètres en peu de kilomètres. Mais je me laisse entraîner par mon enthousiasme et j'entreprends la descente vers la collégiale. Cette descente en sous-bois est très rude et difficile pour les genoux. Après de nombreux dérapages incontrôlés et des "zigs zags" sur le chemin, j'entends une cloche qui sonne dans le lointain. J'aperçois presque en même temps le clocher de la collégiale. Cette cloche centenaire sonnait déjà au moyen âge pour guider les pèlerins dans la montagne.

J'arrive à Roncevaux après 6 heures 30 de marche et me dirige vers le gîte où plusieurs dizaines de pèlerins attendent l'ouverture (16 heures) . J'apprends qu'il n'y a pas de couverture et retrouve des pèlerins avec qui j'ai cheminé ces dernières étapes ainsi que Siegmar que je croise depuis Nogaro.

Pour moi, c'est fini. Pour ne pas faillir à "ma" tradition, je vais au café boire mon traditionnel demi d'arrivée puis je m'essaie à l'auto-stop pour redescendre à St Jean Pied de Port. Mon attente aura été brève car je suis pris tout de suite par une famille d'anciens Jacquets. On discute du chemin..........

A St Jean Pied de Port, une bonne douche me remet de mes émotions. Le soir, dîner au restaurant avec Isabella et un canadienne qui part de Roncevaux et compte rallier Santiago. Pour cette soirée, je me transforme en conseiller (ce qui n'est pas ma tasse de thé) car elles appréhendent un peu l'étape du lendemain. Sincèrement il n'y a pas de quoi, certes, c'est une étape de montagne et certains dénivelés sont rudes, mais il y a également beaucoup de faux-plats et je ne l'ai pas trouvée très difficile. Il ne faut pas hésiter par temps chaud à partir tôt. Remplir sa gourde à la table d'orientation et ne pas partir trop vite. Pour la descente sur Roncevaux, je conseille de prendre la route par temps de pluie car la descente est dure et parfois glissante. Ne pas oublier les vêtements chauds (qui doivent être dans le sac à dos) et voilà.......y'a pû qu'à......

Pour vous aider un peu plus j'ai fait un plan de l'étape (je me suis inspiré du plan que m'a donné l'association jacquaire midi-pyrénnées) : Plan de l'étape

Le lendemain, je vais saluer les jacquets de l'association précitée. La télévision espagnole est là et désire filmer un pèlerin, il me demande si je veux être leur "star d'un jour" je décline leur offre car mon train part dans une heure et sincèrement je me vois mal dans ce rôle.........je regagne mon quotidien avec un goût de "pas assez".mais plein de nouveaux souvenirs dans la tête.......A l'année prochaine.........

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