Arrivée à Roncevaux

Comme chaque pré-départ, la préparation a été intense, impatiente...Après avoir changé de train à Paris, je suis arrrivé à Bayonne pour prendre ma correspondance jusqu'à St Jean Pied de Port. Le petit train qui asure cette liaison est un peu particulier, les emplacements destinés aux bagages sont remplis de sacs à dos. Vision émouvante pour un passionné de randonnées comme moi, de voir tout un wagon plein de futurs jacquets qui se destinent à cheminer vers le même but. Sur les visages on peut décerner l'espoir de moments inoubliables mais aussi l'appréhension face à cette fantastique aventure humaine dont ils rêvent depuis plusieurs mois. Le train s'arrête, tout le monde descend et se dirige vers la sortie. Moment d'hésitation...c'est par où ?? je me faufile au milieu de cette foule d'une cinquantaine de personnes et prend la direction du centre ville et de l'association jacquaire midi-pyrénnées. Rassurés par mon pas décidé, les randonneurs me suivent à travers les rues de St Jean Pied de Port. Arrivé à proximité du centre, je me retourne et suis impressionné par cette succession de sacs à dos derrière moi.

A l'association, je demande si quelqu'un veut monter à Roncevaux en taxi. Réponse positivie de Béatrice, une femme qui a déjà fait le camino francès il y a quelques années. Devant l'association, les pèlerins son inquiets; demain sera leur première étape.......

Je prends le taxi en compagnie de Béatrice et d'un couple composé d'une retraitée et de son beau-frêre qui a été opéré du larynx. Elle aussi a déjà fait le camino et le fait découvrir à son beau-frêre. L'arrivée à Roncevaux me remémore des souvenirs de l'année passée..émotion...

Le refuge est composé d'une immense salle voutée qui contient une centaine de lits superposés sur deux niveaux. Tout est parfaitement rénové, mais seulement quatre douches et autant de toilettes, c'est juste pour une centaine de personnes. Le dîner dans un des deux restaurants est d'un bon qualité prix, truite et convivialité autour d'une table ronde. Chacun raconte son petit périple et son expérience. (attention, l'un sert à 19 heures et l'autre à 20 heures 30 après la messe...).

Je ne suis pas très pratiquant, je l'avoue, mais j'assiste tout de même à l'office dans la magnifique église de Roncevaux où une superbe statue de St Jacques est présente...Emouvante cette messe avec la bénédiction des pèlerins en espagnol........même si je ne comprends rien...il va falloir que je m'habitue...

 

RONCEVEAUX - LARRASOANNA

28 Kms sous un superbe soleil

Sur le chemin, des surprenantes stèles à l'entrée d'un village. 

La stèle d'un japonais décédé sur le chemin en 2002. 

Toujours le chemin..... 

 

Ca y est, je suis à nouveau sur le chemin. Je retrouve toutes mes sensations et me sens bien. Au bout de quelques kilomètres, je retrouve Béatrice qui chemine avec un dynamique espagnol de 77 ans qui marche d'un bon pas. Il ne fait pas son âge et son enthousiasme est communicatif. Béatrice est une femme atypique, elle est chaussée de sandales et son minuscule sac à dos ne contient que le strict nécessaire.....discussion sur la nécessité du duvet, des chaussures de rando; opinions partagées....à chacun son chemin.

Ma foulée étant un peu plus soutenue, je les distance d'une centaine de mètres losque j'entends des cris. Ils proviennent de Béatrice qui vient de s'enliser quelque peu dans la boue. Je m'arrête, elle me rejoint et s'asseoie. Ses chaussettes sont trempées. Elle a alors cette phrase surprenante : "j'ai deux solutions soit j'attends que ça sèche, soit je change de chaussettes"; le tout avec beaucoup d'humour......Tout de même, les sandales, c'est pas le top pour la rando. Facile au début, le chemin devient un peu plu ardu dans la deuxième partie avec des dénivelés assez prononcés. Beaucoup de sous-bois dans lesquels j'aperçois un monticule de pierres avec une stèle mentionnant qu'un pèlerin japonais est mort à cet endroit en 2002. On a toujours un peu de mal à s'imaginer qu'on peut souffrir sur le chemin alors qu'on éprouve un réel plaisir à le parcourir; et puis, on se sent un peu à l'abri, hors du temps.

Un peu après après Zubiri, le payasage devient désolant avec le passage à proximité d'une usine. Contraste impressionnant entre deux mondes diamétralement oppsés et qui pourtant se côtoient. J'ai décidé de poursuivre jusqu'à Larrasoana où on m'a vanté l'accueil du Maire. Lorsque j'arrive au gîte, plusieurs personnes attendent en file indienne, et le maire, assis derrière une table, parle à chaque pèlerins pendant cinq minutes. C'est long quand on attend à la fin d'une étape....Je remarque rapidement que les personnes à qui il s'adresse ne comprennent pas l'espagnol....assez surréaliste ce monologue avec cette petite musique qu'il a mise en fond et ces visages qui reflètent la plus complète incompréhension. A la fin il nous libère et nous conduit à l'étage où des matelas, les uns contre les autres, ont été déposés sur le sol. C'est vraiment spartiate. Il nous en coûte 5 euros...Le couple qui avait pris le taxi avec moi me rejoint. En sortant du gîte, je croise Catherine, la jeune Québeckoise, partie de St Jean Pied de Port et avec qui j'avais discuté un peu sur le chemin. Elle est dépitée, ne sait pas où aller, le maire lui a dit que le gîte était complet. Hors il reste deux matelas dans notre chambre, explication sommaire avec le maire et Catherine sera hébergée dans notre "dortoir". Il en sera de même avec une jeune allemande qui profitera du dernier matelas restant, grace à l'initiative de Catherine. Une sacrée chambrée, six matelas directement sur le sol, accolés les uns aux autres, sans aucun espace libre dans la pièce. Les sacs à dos sont entassés au bout des matelas; "colchones" en espagnol. Je suis au fond de la pièce , et pour sortir, j'enjambe les différents sacs en évitant de marcher sur les pieds de mes colocataires. Heureusement l'ambiance est très sympa et les rares ronflements ne m'empêcheront pas de dormir. C'est ma première réelle étape en Espagne et je suis un peu surpris de ne pas voir de cuisine au gîte. Par contre...hasard, un petit restau. à 200 mètres qui propose un menu pèlerin à 10,25 euros. Pas le choix, j'y vais. L'aubergiste est complètement débordé, il fait deux services pour servir tout le monde. On est entassés dans la minuscule salle de bar en attendant le repas......pas terrible, et pour combler le tout, il pleut.

Avant de partir le maire nous donne un morceau de ruban plastique jaune avec en imprimé une coquille et le nom de son village....maigre consolation par rapport à la qualité du gîte qui n'a que le mérite d'exister. (je regrette un peu de ne pas m'être arrêté à Zubiri....j'apprendrai plus tard que le gîte ne valait pas mieux)...

Arrêt casse-croute et photo obligatoire devant ce magnifique paysage.
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