LARRASOANNA - CIZUR MENOR

21 Kms et toujours un temps magnifique 

Un superbe passage avant d'arriver à Cizur Menor 

On croise de tout sur le chemin 

Magnifique façade d'immeuble à Trinidad

L'étape étant courte, je flâne un peu avant de partir. J'en profite pour regarder mes compagnons de chemin se préparer. Aujourd'hui n'étant pas coutume, certains prennent leurs temps, ce qui est l'exception. En effet, je suis toujours surpris de voir avec quelle excitation et quel empressement les randonneurs préparent leurs sacs et font leurs derniers préparatifs. Ils sont pressés de partir. Certains partent même avant le lever du jour pour faire la même étape que moi, et arriver le plus souvent peu de temps avant au gîte. Attention, cette excitation est contagieuse, et je me rappelle l'avoir partagée la première année. Allez Jacquets, prenez votre temps, le chemin vous attendra et sera toujours là pour vous, ne stressez plus, ce qu'il vous semblera avoir gagné en temps vous le perdrez le plus souvent en retournant chercher ce que vous aurez oublié, l'énervement en plus.....

J'ai de la chance le soleil est encore au rendez-vous, aucune courbature, ni douleur, ma préparation physique se révèle efficace. Le sentier est magnifique, parfois escarpé, parfois plat mais toujours au milieu des montagnes. Beaucoup moins de dénivelés que la veille, une véritable promenade de santé. Le chemin en sous-bois suit, sur une partie du parcours, une petite rivière avec un fort débit....superbe...moment privilégié où l'on se sent vraiment en harmonie avec ce qui nous entoure.

Un peu plus loin, je retrouve Catherine avec qui je cheminerai environ 5 Kms en parlant du Québec. Nous ferons une rencontre insolite avec quelques chevaux qui se sont appropriés le chemin. Ils sont indifférents à notre passage. J'arrive sans presque m'en aperçevoir à un pont romain qui permet d'accéder à la ville de "Trinidad". Je rentre discrètement dans cette banlieue de Pampluna dont la traversée durera 1 heure 30. Vous ne pouvez pas vous tromper, c'est toujours tout droit et ce n'est pas un jeu de mot, c'est vraiment tout droit. Certaines façades de maison sont magnifiques mais un quartier de logements sociaux très dégradés que je traverse un peu plus loin, me rappelle que la misère existe aussi en Espagne. Je profite de la traversée de la ville pour aller visiter la cathédrale. Superbe édifice renfermant une mise au tombeau magnifique. Un petit tampon sur ma créanciale et je repars vers mon gîte.

On sort de la ville en traversant de très beaux jardins. Il est midi et je croise "Dédé", un breton très sympa qui est parti du Puy et qui va à Santiago. Nous partageons notre casse-croute en regardant les gens qui se promènent. Certains nous interpellent; "ola pérégrino". Je suis un peu surpris de cette reconnaissance du statut de pèlerin (d'ailleurs suis-je vraiment un pèlerin, je n'en suis pas convaincu). A part la coquille que nous arborons, on pourrais facilement nous prendre pour des "routards" mais ils ont dû en voir tant et plus, des pérégrinos, dans les jardins de Pamplune.

A la sortie de la ville, une côte assez raide longeant la route nous amène à CIZUR MENOR. Heureusement le gîte est situé tout de suite à droite en arrivant. Très bon accueil de la Sénorita RONCAL qui m'avouera avoir toujours voulu créer un gîte pour pèlerins. En 1994, les habitants de CIZUR la prenait pour une originale lorsqu'elle leur faisait part de son projet. Elle a donné tort à ses détracteurs en créant cette magnifique "albergue" (gîte) d'une quarantaine de places, équipé d'une cuisine. Elle propose même d'essorer gratuitement votre linge.....un petit geste qui est bien dans l'esprit du chemin. Je passerai une grande partie de l'après-midi dans le grand et magnifique jardin du gîte, qui incite au calme et à la sérénité. A 16 heures, les dortoirs sont pleins, la responsable vient me demander si je veut bien céder mon lit pour en prendre un autre dans un dortoir voisin; un couple ne veut pas être séparé (ils n'ont pas dormi séparémment depuis plus de 40 ans)....je ne veux pas mettre fin à une si belle longévité et je leur cède ma literie.

Comme d'habitude en espagne, un petit restaurant propose un menu pèlerin à proximité (les marchands du temple ne sont pas loin).

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